Andres Bello

Andr√©s Bello √©tait un √Čducateur, √©crivain, homme politique, diplomate et traducteur v√©n√©zu√©lo-chilien reconnu comme l’une des figures humanistes les plus importantes de l’histoire de l’Am√©rique espagnole.

Il a √©t√© t√©moin de changements historiques importants qui ont eu lieu √† la fois au Venezuela et dans le reste de l’Am√©rique.En d’autres termes, il a grandi sous le r√®gne de la Couronne espagnole, puis il a particip√© aux √©v√©nements d’√©mancipation et d’ind√©pendance des nouvelles nations que l’Am√©rique.

De plus, en tant qu’√©ducateur et grand √©rudit, il a eu l’occasion d’enseigner √† Sim√≥n Bol√≠var, le lib√©rateur, et de faire partie du groupe qui a lanc√© et promu les mouvements d’ind√©pendance au Venezuela.

Apr√®s un long s√©jour √† Londres, en 1829, Bello s’installe avec sa famille au Chili, o√Ļ il excelle dans le domaine du droit et des sciences humaines. Il a m√™me promu la cr√©ation de l’Universit√© du Chili, dont il a √©t√© le premier recteur, poste qu’il a occup√© pendant plusieurs ann√©es.

Premières années

Andr√©s de Jes√ļs Mar√≠a et Jos√© Bello L√≥pez est n√© √† Caracas, Capitainerie g√©n√©rale du Venezuela, le 29 novembre 1781, et ses parents √©taient Bartolom√© Bello et Ana Antonia L√≥pez.

D√®s son plus jeune √Ęge, Bello a montr√© un grand go√Ľt pour les lettres et la litt√©rature. √Ä Caracas, il √©tudia √† l’Acad√©mie Ram√≥n Vanlonsten, eut l’occasion de lire les Ňďuvres les plus remarquables de l’√Ęge d’or et fr√©quenta le couvent de Las Mercedes, o√Ļ il apprit le latin de la main de Fray Crist√≥bal de Quesada, donc en 1796, Bello avait d√©j√† traduit le livre V de l’√Čn√©ide de Virgile.

En 1797, Bello a commenc√© ses √©tudes √† l’Universit√© royale et pontificale de Caracas, dont il est dipl√īm√© en juin 1800. La m√™me ann√©e, Alexander von Humboldt arrive √† Caracas avec son partenaire Aim√© Bonpland.

Humboldt √©tait un polymathe, c’est-√†-dire une personne qui ma√ģtrisait diverses branches du savoir, et √©tait venue √† Caracas pour explorer la colline d’El √Āvila. Ils ont √©t√© rejoints par Bello et, au cours de l’exploration, ont d√©couvert leur int√©r√™t pour les √©tudes scientifiques.

Plus tard, Bello est entr√© dans des √©tudes de m√©decine et de droit, dont il a financ√© une partie en donnant des cours priv√©s √† divers jeunes, parmi lesquels Sim√≥n Bol√≠var. Il a √©galement appris le fran√ßais et l’anglais par lui-m√™me et a fait diverses traductions d’Ňďuvres litt√©raires classiques.

De cette mani√®re, Andr√©s Bello prenait position parmi les intellectuels et po√®tes les plus influents et les plus en vue de Caracas, auxquels s’ajoutent ses qualit√©s morales qui le positionnaient comme un homme correct avec une personnalit√© remarquable.

En 1802, Bello a obtenu sa premi√®re position publique en tant que second officier de la capitainerie g√©n√©rale du Venezuela et, d√®s lors, il commen√ßa son activit√© politique. Puis, en 1807, il est nomm√© secr√©taire civil du Vaccine Board, afin de contr√īler l’√©pid√©mie de variole qui frappe la population.

Plus tard, en 1808, la premi√®re imprimerie arriva au Venezuela, un √©v√©nement de grande valeur qui valut √† Bello, gr√Ęce √† ses qualit√©s intellectuelles, d’√™tre nomm√© directeur et r√©dacteur en chef de la nouvelle cr√©ation Gazette de Caracas, qui fait partie des premi√®res publications faites au Venezuela.

C’est une p√©riode o√Ļ Andr√©s Bello d√©veloppe encore plus sa passion pour l’√©criture, ce qui l’am√®ne m√™me √† √©crire divers ouvrages sur l’histoire du Venezuela et la grammaire.

Séjour à Londres (1810-1829)

Andres Bello. PortraitPortrait de Don Andr√©s Bello, situ√© au presbyt√®re de l’Universit√© du Chili.

En 1810, divers mouvements ont eu lieu qui ont commenc√© le processus d’ind√©pendance du Venezuela. Le 19 avril de cette m√™me ann√©e, le capitaine g√©n√©ral Vicente Emparan a √©t√© d√©mis de ses fonctions, raison pour laquelle le Conseil supr√™me de Caracas a nomm√© Andr√©s Bello comme premier officier du Secr√©tariat aux relations ext√©rieuress.

Apr√®s le rendez-vous, Bello a mis le cap sur Londres pour mener √† bien son travail diplomatique, avec Sim√≥n Bol√≠var et Luis L√≥pez M√©ndez. Le but de ce voyage √©tait d’obtenir le soutien du gouvernement britannique dans la cause de l’ind√©pendance du Venezuela. Ils sont arriv√©s le 10 juillet 1810.

Une fois √† Londres, Bello, Bol√≠var et L√≥pez ont eu une s√©rie d’entretiens non officiels avec le duc de Wellington. Cependant, ils ne pouvaient parvenir √† aucun accord ni √† aucune forme d’aide politique car l’int√©r√™t des Britanniques √©tait davantage li√© aux n√©gociations commerciales avec les colonies espagnoles.

Cependant, cette repr√©sentation diplomatique a r√©ussi √† nouer une amiti√© avec Francisco de Miranda, qui vivait √† Londres et soutenait √©galement la lutte pour l’ind√©pendance du Venezuela.

Miranda était très favorable, leur offrant un hébergement chez elle à Grafton, des conseils, des connaissances et les rapprochant de leurs amis les plus influents. De plus, bello a pu accéder à la bibliothèque de Miranda.

Par la suite, Bol√≠var est retourn√© au Venezuela et √† Londres, Bello et L√≥pez sont rest√©s responsables de l’ambassade. Le 5 juillet 1811, une fois l’ind√©pendance du Venezuela d√©clar√©e, Bello et L√≥pez ont √©t√© nomm√©s repr√©sentants du nouveau gouvernement v√©n√©zu√©lien. Cependant, avec la perte de la Premi√®re R√©publique, les deux se sont retrouv√©s sans ces postes.

Andr√©s Bello et Luis L√≥pez ont tous deux fait face √† une situation √©conomique difficile, heureusement ils se trouvaient dans la r√©sidence de Francisco de Miranda. Bello a r√©ussi √† survivre gr√Ęce au fait qu’il a enseign√© des cours priv√©s de fran√ßais et d’espagnol, il a √©galement servi d’institut des enfants de William Richard Hamilton, gr√Ęce √† son amiti√© avec le s√©villan et intellectuel Jos√© Mar√≠a Blanco White.

Cependant, sa situation mon√©taire est rest√©e difficile. En 1812, il a exprim√© son intention de retourner au Venezuela, mais le tremblement de terre de Caracas s’est produit en mars, apr√®s quoi sa famille a √©t√© touch√©e et n’a pas pu l’aider √† revenir. En plus de cette situation, Miranda avait √©t√© emprisonn√©e et ne pouvait lui offrir aucune aide.

Bello a r√©ussi √† survivre gr√Ęce √† divers emplois √† la pi√®ce qu’il a obtenu avec l’aide de ses connaissances. C’est une √©tape au cours de laquelle il poursuit sa formation et √©crit un grand nombre de ses Ňďuvres po√©tiques, essayistes, d’investigation et litt√©raires en g√©n√©ral, ce qui lui vaut diverses reconnaissances.

Plus tard, il rencontra √† Londres le ministre chilien, Antonio Jos√© de Irisarri, qui l’aida et nomma le secr√©taire de sa d√©l√©gation en 1822. √Ä partir de ce moment, Bello r√©ussit √† obtenir divers postes publics et politiques avec lesquels il r√©ussit √† surmonter sa crise √©conomique.

Au cours des ann√©es 1825 et 1829, sa relation avec Sim√≥n Bol√≠var avait diminu√© pour diverses circonstances. Bello adressa √† Bol√≠var ses derni√®res lettres de Londres pour lui demander de l’aide concernant sa situation √©conomique lorsqu’il assuma le Secr√©tariat de la Grande Colombie en 1825. Cependant, l’aide re√ßue fut rare.

Pendant ce temps, il fut collaborateur de The American Censor (1820), American Library (1823) et directeur de The American Repertory (1826-1827). Ces travaux exposent l’influence europ√©enne sur la pens√©e hispanique am√©ricaine.

Finalement, Andr√©s Bello a v√©cu pendant 19 ans √† Londres, o√Ļ il a termin√© sa formation, a √©tabli des relations importantes, a produit une grande partie de sa production litt√©raire et a form√© sa famille.

Voir aussi Simón Bolívar.

Les mariages

Andr√©s Bello et sa femmeDaguerr√©otype d’Andr√©s Bello avec sa deuxi√®me √©pouse Elizabeth Dunn, 1862.

En mai 1814, Andrés Bello épousa Mary Anne Boyland, une Anglaise de 20 ans, avec qui il eut trois enfants, Carlos, Francisco et Juan Pablo Antonio. Quelques années plus tard, en 1921, sa femme mourut de la tuberculose, puis son fils Juan Pablo Antonio mourut également.

Quelques ann√©es plus tard, Bello √©pousa pour la deuxi√®me fois Elizabeth Antonia Dunn, une jeune fille de 20 ans, qui l’accompagna jusqu’√† ses derniers jours. Le couple a eu douze enfants, dont neuf sont n√©s au Chili.

Au total, Bello a eu quinze enfants, dont neuf sont d√©c√©d√©s √† un √Ęge pr√©coce.

Séjour au Chili et dernières années (1829-1865)

Portrait 2 d'Andr√©s BelloPortrait √† l’huile d’Andr√©s Bello, attribu√© √† Raymond Monvoison (1870), fait partie de la collection de la Biblioth√®que nationale de Caracas.

En février 1829, Andrés Bello partit pour le Chili en compagnie de sa famille, car le gouvernement chilien lui avait proposé un poste au ministère des Finances comme officier supérieur.

Une fois r√©sid√© au Chili, Bello a rempli sa vie de grandes satisfactions gr√Ęce √† ses efforts pour former et √©duquer les citoyens en g√©n√©ral. De cette mani√®re, il a occup√© divers postes tels que celui d’universitaire √† l’Institut national et a √©t√© fondateur et recteur du Colegio de Santiago.

Il participa √©galement √† l’√©dition du journal El Araucano pendant plusieurs ann√©es, donna des cours priv√©s chez lui, fit plusieurs traductions de classiques litt√©raires, promut le th√©√Ętre chilien et fit partie de la Soci√©t√© litt√©raire de 1842.

En 1843, Bello il a √©t√© nomm√© recteur de l’Universit√© du Chili r√©cemment inaugur√©e, poste qu’il a occup√© plus d’une fois apr√®s y avoir √©t√© r√©√©lu, responsabilit√© qu’il a assum√©e avec grand honneur jusqu’√† ses derniers jours.

Pendant son s√©jour au Chili, Andr√©s Bello a r√©alis√© et publi√© ses ouvrages les plus importants sur la grammaire et le droit. Cela l’a conduit √† recevoir diverses reconnaissances, en particulier, faisant partie des membres de l’Acad√©mie royale espagnole.

En 1832, Bello obtient la nationalité chilienne après avoir fait sa demande. Plus tard, entre les années 1837 et 1864, il fut sénateur de la ville de Santiago et, entre les années 1840 et 1855, il rédigea le Code civil de la République du Chili.

Finalement, Le 15 octobre 1865, Andr√©s Bello est mort, √Ęg√© de 84 ans, dans la ville de Santiago, o√Ļ sa d√©pouille repose au cimeti√®re g√©n√©ral.

Andr√©s Bello est reconnu comme l’un des humanistes les plus importants d’Am√©rique latine gr√Ęce √† sa formation acad√©mique constante, pour promouvoir l’√©ducation et partager autant que possible ses connaissances.

Ses vastes connaissances lui ont permis de se d√©velopper dans les domaines de la p√©dagogie, de la linguistique, de la litt√©rature, du droit, de la diplomatie et de la philosophie, pour lesquels il est rappel√© et mis en √©vidence comme un homme d’une vaste √©rudition, ce qui lui a permis de comprendre les diff√©rents processus de changement qui ont √©t√© v√©cus dans toute l’Am√©rique apr√®s les r√©voltes sociales et les luttes pour l’ind√©pendance.

Principaux travaux

Andr√©s Bello a √©crit une longue liste d’ouvrages dans lesquels il a non seulement rassembl√© ses grandes connaissances et expos√© ses comp√©tences de traducteur, mais a √©galement fait des r√©flexions importantes et fait conna√ģtre ses qualit√©s d’homme savant. Voici quelques exemples.

  • Ode √† l’Anauco, (1800).
  • Allocution √† la po√©sie, (1823).
  • Ňíuvre dramatique de th√©√Ętre, Venezuela Consolada, (1805).
  • R√©sum√© de l’histoire du Venezuela, (1810).
  • Principes du droit des gens, (1832).
  • Grammaire de la langue latine, (1838).
  • Traduction et arrangements par Teresa; drame en prose et en cinq actes (1839), d’Alexandre Dumas.
  • Analyse id√©ologique des temps de la conjugaison castillane, (1841).
  • Traduction de la pri√®re pour tous (1843), par V√≠ctor Hugo.
  • Grammaire de la langue castillane √† l’usage des Am√©ricains, (1847).
  • Compendium de l’histoire de la litt√©rature; par Don Andr√©s Bello √©crit pour l’enseignement de l’Institut national, (1850).
  • Projet de code civil, (1853).
  • Code civil de la R√©publique du Chili, (1856).

 

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