Positivisme

Le positivisme est un doctrine philosophique, sociologique et politique qui met l’accent sur l’application de la m√©thode scientifique lors d’√©v√©nements quotidiens. Il s’oppose aux abstractions th√©oriques, imaginatives et m√©taphysiques.

Le positivisme est apparu en France au d√©but du XIXe si√®cle avec l’affirmation que la connaissance scientifique est la seule forme de vraie connaissance.

Le courant positiviste promeut le culte de la science, le monde humain et le matérialisme au détriment de la métaphysique et du monde spirituel.

√Ä partir de ces connaissances, des choses pratiques peuvent √™tre expliqu√©es, telles que les lois de la physique, les relations sociales et l’√©thique. C’est aussi une classification totalement scientifique du savoir et de l’√©thique humaine, o√Ļ l’introspection n’est pas consid√©r√©e comme un moyen d’atteindre la connaissance.

Méthodologie du positivisme

La m√©thodologie positiviste de base est la observation des ph√©nom√®nes. L’observation est privil√©gi√©e par rapport √† la sp√©culation sur les faits, laissant de c√īt√© toutes les connaissances qui ne peuvent √™tre scientifiquement prouv√©es.

De cette mani√®re, l’exp√©rience sensorielle serait le seul g√©n√©rateur de donn√©es concr√®tes (positives) du monde physique ou mat√©riel.

En revanche, il n’y a pas d’objectivit√© dans les informations obtenues dans les ph√©nom√®nes non observables. Celles-ci seraient inaccessibles √† la science, car elles ne reposent que sur des th√©ories prouv√©es par des m√©thodes scientifiques valides.

Dans le positivisme, deux orientations sont notées:

  • Orientation scientifique, qui cherche √† rendre efficace une division de la science;
  • Conseil psychologique, une ligne th√©orique de sociologie qui √©tudie toute nature humaine v√©rifiable.

Selon Augusto Comte, les piliers du positivisme sont l’amour, l’ordre et le progr√®s. A ceux-ci correspondent les aspects suivants de l’existence humaine: sentiments, pens√©es et actions. Les structures de l’ordre social positif sont la morale, la th√©orie et la pratique.

Les trois états du positivisme

L’id√©e cl√© du positivisme comtien est la loi des trois √©tats √©volutifs de l’√™tre humain, √† savoir:

  • √Čtat th√©ologique, o√Ļ l’√™tre humain cherche l’explication de la r√©alit√© au moyen d’entit√©s surnaturelles;
  • √Čtat m√©taphysique, dans lequel les dieux sont remplac√©s par des entit√©s abstraites, comme ¬ęl’√©ther¬Ľ, pour expliquer la r√©alit√©;
  • √Čtat positif de l’humanit√©, o√Ļ le ¬ępourquoi¬Ľ des choses n’est pas expliqu√© mais le ¬ęcomment¬Ľ, bas√© sur le domaine des lois de cause √† effet.

Histoire du positivisme

Le terme positivisme a été utilisé pour la première fois comme concept pour désigner le scientisme comme méthode, par le français Claude-Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon (1760-1825).

Son secrétaire, Augusto Comte (1798-1857), dans son ouvrage fondateur Cours de philosophie positive, établit le traité méthodologique positiviste. Comte est alors considéré comme le créateur du positivisme.

Le philosophe libéral anglais John Stuart-Mill (1806-1873) a consacré son dernier livre Logic aux principes et méthodes nécessaires à la future construction des sciences sociales, basée sur le positivisme de Comte. Bien que Comte et Stuart-Mill aient convergé sur les aspects philosophiques du positivisme, leurs opinions sociologiques et politiques étaient diamétralement opposées.

√Čmile Littr√© (1801-1881) √©tait un repr√©sentant important et influent du positivisme √† partir de 1840. Littr√© et d’autres positivistes (appel√©s littr√©istes) rejetaient l’id√©e de la religion de l’humanit√© comme une paralysie du progr√®s philosophique et sociopolitique.

Peu de temps apr√®s la mort de Comte, en 1857, des √©glises positivistes ont commenc√© √† se construire o√Ļ la fusion de la science et de la religion √©tait promise. La derni√®re √©glise positiviste anglaise a ferm√© ses portes dans les ann√©es 1930.

Le positivisme en Amérique latine

Le d√©sir des intellectuels et des politiciens de se lib√©rer de la stagnation sociale √©tablie depuis l’ind√©pendance de l’Espagne a conduit le positivisme dans plusieurs pays d’Am√©rique latine. L’Argentine et le Mexique ont √©t√© les deux premiers pays d’Am√©rique latine √† √™tre influenc√©s par le positivisme.

Des tentatives s√©rieuses ont √©t√© faites pour √©tablir le positivisme comme un syst√®me sociopolitique. Lorsque les lib√©raux d’Am√©rique latine ont pris le pouvoir √† la fin du XIXe si√®cle, ils ont cherch√© √† assurer un gouvernement centralis√© fort, stable et ordonn√©.

Le positivisme englobait la conviction que gr√Ęce √† une ¬ę√©laboration de politiques¬Ľ scientifique par des administrateurs techniquement comp√©tents, il √©tait possible de cr√©er les conditions dans lesquelles la d√©mocratie lib√©rale moderne pourrait s’√©panouir.

Son influence s’est r√©pandue dans toute l’Am√©rique latine, promouvant des gouvernements forts, l’ordre social, la stabilit√© et la croissance √©conomique.

La force des id√©es positives refl√©tait l’engagement du lib√©ralisme dominant √† progresser sur les obstacles culturels et religieux.

Le mouvement positiviste a inspir√© diverses r√©formes, notamment dans l’administration et l’√©ducation. Gabino Barreda (1818-1881), un intellectuel mexicain qui a assist√© aux cours de Comte √† Paris, a introduit un programme positiviste bas√© sur le travail de Comte dans l’√©ducation mexicaine √† la fin des ann√©es 1860, sous le gouvernement Benito Ju√°rez.

Porfirio Díaz (1830-1915) a adopté le positivisme comme doctrine officielle au Mexique. Cependant, le positivisme de la fin du XIXe siècle a également réaffirmé des instincts autoritaires. Ces réformes positivistes ont été associées à des régimes rigides et répressifs dans plusieurs pays.

Les positivistes ont également été influencés par les idées racistes européennes pour réduire la population indigène, métisse et noire à un statut social inférieur.

Le retour de b√Ęton √©ventuel contre le positivisme dans les premi√®res d√©cennies du 20e si√®cle a affaibli le lib√©ralisme. Cela a eu un impact important sur le d√©veloppement du nationalisme en Am√©rique latine.

En Am√©rique latine contemporaine, comme le dit Gavin O’Toole dans son livre Politics Latin America, la prolif√©ration des technocrates est une tendance positiviste. Les technocrates sont des d√©cideurs hautement qualifi√©s qui pr√©f√®rent les solutions techniques aux probl√®mes sociaux et √©conomiques.

Les figures marquantes du postivisme en Amérique latine sont Domingo Faustino Sarmiento (1811-1888) et Juan Bautista Alberdi (1810-1884) en Argentine; Porfirio Diaz (1830-1915) et Gabino Barreda au Mexique.

En Colombie, Rafael N√ļ√Īez (1823-1894) se d√©marque. Javier Prado Ugacherte (1871-1921) et Jorge Polar Vargas (1856-1932) au P√©rou. Au Venezuela, le positivisme a √©t√© tr√®s bien accueilli sous les gouvernements d’Antonio Guzm√°n Blanco (1829-1899).

Le positivisme en tant que religion

Avec le travail Syst√®me de politique positive (1854), Augusto Comte cr√©a la religion de l’humanit√©, ou religion positive. Les lignes directrices sont les suivantes: “Aimer par principe et ordre par fondement; le progr√®s enfin.”

Il cherche ainsi √† “vivre pour les autres”, o√Ļ l’altruisme est le mot d’ordre.

Par cons√©quent, l’unit√© spirituelle est √©tablie par la science, la religion de l’humanit√©, la seule capable de r√©g√©n√©ration sociale et morale.

Cette religion poss√®de √©galement un ¬ę√™tre supr√™me¬Ľ. Ce serait ¬ęl’humanit√© personnifi√©e¬Ľ et sa force √©mane de l’ensemble des intelligences convergentes de toutes les g√©n√©rations, pass√©es, pr√©sentes et futures, qui perfectionneront la race humaine.

La religion positiviste utilisait également des symboles, des signes, des bannières et des vêtements liturgiques. Le calendrier positiviste est basé sur la lune avec 13 mois de 28 jours. Ils ont également commémoré les jours saints (grandes personnalités humaines), les sacrements et les célébrations civiques.

Les aspects religieux du positivisme ne sont plus attrayants et la religion de l’humanit√© n’a aujourd’hui qu’un int√©r√™t historique.

Curiosités

  • Il existe des courants d’autres disciplines que l’on appelle ¬ępositivistes¬Ľ sans avoir aucun rapport avec le positivisme de Comte.
  • Le positivisme est une r√©action radicale au transcendantalisme et au romantisme id√©alistes allemands.
  • Augusto Comte a √©t√© le cr√©ateur du mot altruisme pour r√©sumer l’id√©al de sa nouvelle religion.
  • Les th√©ories de Comte ont √©t√© critiqu√©es par la tradition sociologique et philosophique marxiste, en particulier par l’√©cole de Francfort.

 

√Čtiquettes:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *